Depuis juillet 2021, le congé paternité et d’accueil de l’enfant en France s’étend à 28 jours au total pour un père biologique, comprenant 3 jours de congé de naissance (pris immédiatement et souvent rémunérés par l’employeur selon le contrat de travail) et 25 jours indemnisés par la Sécurité sociale. Ce dispositif s’applique également, sous certaines conditions, aux parents qui adoptent. L’article suivant détaille la durée, le calcul des indemnités, les conditions d’accès et les démarches pratiques à effectuer avant et après la naissance. Pour obtenir des éclairages spécifiques sur les situations de paternité non désirée, les droits associés et les recours légaux, vous pouvez en savoir plus et consulter nos ressources dédiées.
Durée et composition du congé
Le congé se compose en deux parties :
- Le congé de naissance : 3 jours, à la charge de l’employeur selon les conventions collectives ou le contrat de travail. Il est destiné à permettre d’assister à la naissance et de faire face aux premières démarches.
- Le congé paternité et d’accueil de l’enfant : 25 jours consécutifs (ou non, selon organisation avec l’employeur) indemnisés par la Sécurité sociale. Ce congé peut être pris dans les six mois suivant la naissance.
Au total, le père peut donc bénéficier jusqu’à 28 jours de congé autour de la naissance. Pour les parents adoptants, des modalités proches existent et la durée varie selon l’âge de l’enfant adopté et les conditions d’accueil.
Montant des indemnités
Les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale dépendent du salaire antérieur et sont plafonnées. Elles ne correspondent pas toujours à l’intégralité du salaire habituel : elles sont calculées sur la base d’un salaire journalier de référence et soumises à un plafond journalier fixé par la Sécurité sociale.
Concrètement, pour obtenir le montant précis que vous toucherez, la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) calcule un salaire journalier de base à partir de vos salaires imposables perçus sur une période donnée (bulletins de salaire des mois précédant la demande). Ensuite, l’indemnité journalière est versée pendant la durée du congé indemnisé, après prise en compte des cotisations et éventuellement d’un délai de carence selon les règles applicables.
Pour avoir une estimation fiable, rapprochez-vous de votre CPAM ou utilisez les simulateurs en ligne sur le site officiel service-public.fr. Ces simulateurs tiennent compte des plafonds en vigueur et de votre situation exacte.
Conditions d’éligibilité
Le congé paternité est accessible aux salariés, y compris à temps partiel. Les travailleurs indépendants disposent aussi de dispositifs adaptés sous conditions de cotisation. Pour percevoir les indemnités journalières, il faut généralement justifier d’une activité et de cotisations sur une période donnée (heures travaillées ou niveau de rémunération minimum sur les mois précédant la naissance). Les conditions précises et les éventuels critères de ressources ou de durée de cotisation sont consultables auprès de la CPAM et sur service-public.fr.
Si vous êtes fonctionnaire ou agent public, vous devez vérifier les règles spécifiques à votre statut : des dispositifs proches existent mais les modalités de versement et de conservation de rémunération peuvent différer.
Démarches pratiques
Voici les étapes recommandées pour organiser votre congé paternité et obtenir les indemnités :
- Informez votre employeur dès que possible de votre intention de prendre le congé et des dates envisagées. Il est recommandé de le prévenir au moins un mois à l’avance lorsque c’est possible.
- Rassemblez les pièces demandées par la CPAM : déclaration de naissance (fournie par la maternité ou la mairie), vos trois derniers bulletins de salaire, un RIB et toute pièce justificative liée à une adoption le cas échéant.
- Déposez votre demande auprès de la CPAM pour le versement des indemnités journalières. Certaines caisses proposent un dépôt en ligne ou via votre compte ameli.
- Suivez les versements et conservez les justificatifs. Si vous constatez un retard, contactez rapidement votre employeur et la CPAM pour régulariser la situation.
Après le congé, votre contrat de travail est normalement rétabli et vous devez retrouver votre poste ou un poste équivalent avec une rémunération au moins équivalente.
Exemples et cas pratiques
Pour donner une idée concrète : la somme perçue dépendra du salaire de référence. Deux pères ayant des salaires différents percevront des indemnités journalières différentes, toujours dans la limite du plafond. Si votre employeur prévoit dans la convention collective un complément de salaire, il peut maintenir une partie ou la totalité de votre rémunération pendant le congé ; vérifiez votre convention collective ou votre service RH.
Tests de paternité et preuves
Parfois, des questions de filiation conduisent à rechercher une preuve scientifique. Des laboratoires privés proposent des tests ADN réalisés soit à domicile avec kit, soit en laboratoire avec prélèvement sous contrôle. Pour que le test soit recevable en justice, le prélèvement doit respecter une chaîne de garde et être effectué par un laboratoire agréé avec un protocole établi (prélèvement contrôlé, identité vérifiée, certificat). Les laboratoires certifiés ISO 17025 garantissent la qualité des analyses et la traçabilité des résultats.
Si un test de paternité est envisagé pour une procédure judiciaire, il est conseillé de se renseigner au préalable sur les modalités légales et de s’orienter vers un laboratoire agréé pour garantir la validité du résultat devant un tribunal.
Où obtenir des informations officielles
Pour connaître précisément vos droits, les montants et les conditions applicables à votre situation, consultez les sources officielles : le site service-public.fr, votre compte ameli, et la CPAM locale. Votre employeur ou le service des ressources humaines peut aussi vous informer sur les règles applicables dans votre entreprise ou sur les compléments prévus par la convention collective.
En résumé, le congé paternité actuel offre jusqu’à 28 jours autour de la naissance, avec des indemnités calculées à partir de votre salaire et plafonnées par la Sécurité sociale. Anticipez les démarches, informez votre employeur et contactez la CPAM pour obtenir une estimation personnalisée et préparer les documents nécessaires afin d’éviter tout retard de paiement.





